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A la verticale de l’été 6 avril, 2008

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration),le 3eme roman - titre provisoire "Island voice" , trackback

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Des nuages cotonneux qui s’effilochent, qui voyagent en volutes de vapeur et juste en dessous de cette condensation dense qui file dans le ciel bleu, des troupeaux de moucherons qui s’agglutinent près des pétales aux parfums de roses, des papillons qui ondulent en vagues d’ultra sons. A la verticale de l’été. Couchée dans l’herbe rasée de près, les yeux face à l’infini, l’horizon n’en finit plus de vibrer. A la verticale de l’été.

Champ de paquerettes comme champ de vision, loin au-dessus, un faucon; ou une buse. Etat stationnaire sous la stratosphère. Muse.

Une coccinelle qui se pose sur le plat de la main. Compter les points sur son dos et souffler doucement. La voir battre des ailes comme tu bats des cils et s’envoler. Le soleil qui fait des trouées dans l’azur et joue à cache cache avec les cumulus. Peinture en mouvement, traînées blanches, touches presques immobiles de blancs rehaussées de gris et les lignes des avions qui s’entrechoquent et se croisent pour dessiner une gigantesque toile d’araignée. Les bourgeons qui s’ouvrent, se laissant compter fleurette pendant des heures : « un, peu, beaucoup… ». Le bonheur passionnément et puis c’est tout.

Et moi qui pense à toi quand tu n’es pas là. Alors je joue à « on dirait ».

On dirait, que je t’aurais fait l’amour toute la nuit, et nous couchées dans l’herbe chaude, ta tête posée sur mes jambes, nous serions encore tentées. On dirait qu’il n’y aurait plus à parler, à découper menu dans le papier fripé de nos têtes des banderolles discontinues de coeurs ravagés. On dirait, qu’on jouerait à bronzer sur ce canapé laissé là, à même la pelouse. On dirait qu’on écouterait juste notre rythme cardiaque battre la chamade quand on se regarderait. On dirait que je ne verrais plus dans tes yeux cette ombre se propager jusque dans les tréfonds de ton âme tiraillée. On dirait que tout ça c’est derrière nous, derrière toi, que le monde nous appartient, que tu tiens au creux de tes mains le souffle sacré de ta liberté.

Oui, je pense à toi comme tu n’es pas là; allongée dans ce champ de rêves ombragés, je joue à « on dirait » à la verticale de l’été.

Commentaires»

  1. Beau texte !

  2. Je sens que je vais aimé !

  3. merci beaucoup les amis. C’est pas évident de tout déchirer à chaque post mais j’essaie ;)

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