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Du désir 19 novembre, 2010

Posté par fdesbordes dans : humeurs et deshumeurs existencielles , trackback

Je parlais d’envie ce soir, finalement plus de désir, ce nécessaire moteur à l’évolution personnelle quand, finalement, une question me vint. Accepter sa condition d’homme ne revient-il pas finalement à perdre l’emprise que ne pouvons avoir sur les choses qui nous entourent ou les croyances que nous avons à ce sujet, ne finit-on pas par se priver de désir, du désir de changer notre condition ? Je poursuivais mon raisonnement sur mon cyclomoteur, écoutant la résonance de ma réflexion à travers mon expérience personnelle.

Tout au plus pourra-ton dire à mon sujet, qu’il faut parfois lutter avec acharnement et contre son gré pour simplement exister, au sens latin du terme « ex(s)itere » pour « sortir de » ou « se manifester ». A ne pas vouloir jouer à ce petit jeu là on finit par accepter tout et n’importe quoi, laissant finalement le soin à autrui de définir son espace vital et sa propre condition, voire sa réduction. Qui n’a pas eu à subir la gêne d’un voisin trop bruyant ou d’un collègue carriériste ?

Avoir le désir d’être tout simplement est sans doute le symptôme de ce sentiment d’accomplissement que nous cherchons tous à atteindre. Sentiment que la société nous donne à voir, à sentir à travers des messages implicites comme « le bonheur à portée de main » ou « faîtes de vos rêves une réalité » et qu’elle reprend aussitôt en nous faisant replonger dans notre réalité quotidienne qui n’est pas forcément folichonne.

Il faudrait peut-être alors d’abord accepter d’être avant de vouloir s’accomplir et de changer notre condition mais ne finit-on pas alors par accepter le « petit », « l’insignifiant », et se contenter de ce que l’on nous donne au mépris, peut-être de notre désir ? Parce-que si je me mets à désirer quelque chose, je ne vais peut-être pas l’avoir ou bien une fois que je l’aurai, je pourrais peut-être perdre cet « objet » désiré ? Le désir renvoie irrémédiablement à son double négatif : l’insatisfaction. Accepter et ne rien désirer c’est résoudre le problème de l’insatisfaction : je me satisfais de tout puisque je ne désire rien.

Pour autant, et Malraux le résume très bien dans son roman « la condition humaine », l’homme sait qu’il ne pourra jamais avoir tout ce qu’il désire (dans l’accomplissement, le partage) tout en ayant la certitude qu’il peut, peut-être, triompher de son destin et y arriver quand même.

La voie médiane serait alors de trouver à satisfaire son désir dans le « petit-à-petit l’oiseau fait son nid » encore faut-il trouver l’essence pour s’accomplir dans les « petites choses » qui mènent aux grandes et ne pas avoir peur de trébucher sur les marches de nos désirs ?

(à bien y réfléchir, épicuriens, stoïciens et ascètes s’empoignent sur les mêmes questions depuis des lustres)

 

Commentaires»

  1. La vie est courte, le désir essentiel : alors profitons en essayant de rester un peu moral (juste ce qu’il faut)

  2. humm… humm.. Mon macareux que j’adore, dis-moi, d’un point de vue moral, le « ce qu’il faut » pour toi, c’est quoi ? ;-)

  3. Je pourrais faire une thèse sur le sujet…le juste ce qu’il faut est le maximum qui permette de respecter l’autre tout en se respectant soi-même

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