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Premiers mots… 10 décembre, 2009

Posté par fdesbordes dans : les lettres du chat... , ajouter un commentaire

Au début, le chat n’osa pas bouger une oreille. Tout juste se permettait-il d’observer la fenêtre du 107 rue des pensées.

Les souris pouvaient lui mordiller la queue il n’avait d’yeux que pour elle.

Il la voyait, guérir son coeur fracturé à coup de grandes bouffées de cigarettes, le regard perdu vers son horizon. Elle l’avait tellement aimé son passe-muraille qu’il avait traversé son âme dans un courant d’air glacé.

Alors elle passait des heures à aimer ses bonzaïs, à les nourrir, à les soigner, à les chérir pour oublier. Dans ses yeux passait souvent l’ombre furtive de son souvenir, trace tenace et indélébile.

Et puis un jour, les pensées du chat pour la belle inconnue s’étaient matérialisées. D’abor en bulles flottantes qui s’évaporaient avant d’atteindre la fenêtre du premier étage.

Siri le chat silencieux s’employa alors à penser plus fort, plus haut et plus loin, afin que ses bulles atteignent peut-être, un jour, la balustrade du second.

Un matin, quand il ne s’y attendait plus, mal au crâne à force d’avoir penser si fort, La première lettre surgit, magnifique. Un splendide E tout en courbe et délié. Puis une autre et encore une autre et ça faisait ploc, ploc, ploc.

Ainsi le premier mot vint doucement s’accrocher au loquet de ses persiennes comme une E-V-I-D-E-N-C-E …

Les lettres du chat 8 novembre, 2009

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration),les lettres du chat... , ajouter un commentaire

Le chat errant a froid, sur carton ruisselant. Humant l’air à la fenêtre de l’inconnue, celle à qui il envoie ses ribambelles de lettres. Mais l’inconnue ne le voit pas, trop occupée qu’elle est, à tailler ses bonzaïs, centimètre après centimètre. Et chaque coup de ciseau est un coup de couteau dans son être. Le chat a froid à l’âme, tout emmitouflé dans ses larmes qui viennent chatouiller son museau. Le chat renifle alors et tourne le dos à cette inconnue lointaine qui sème des bouts d’hêtre par la fenêtre. Les feuilles s’envolent dans la brise glaciale de l’automne et s’étalent, tapis-bouquet pour un chat qui a froid.

C’est par la fenêtre que tout a commencé…

Les lettres du chat 2 février, 2008

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration),les lettres du chat... , ajouter un commentaire

Le chat de gouttière, à l’abri du froid et de la pluie sous son carton abandonné, fait l’inventaire de ses lettres éparpillées.

Transporté par le souvenir de l’inconnue, image espiègle qui s’insinue, le chat compose sa symphonie littéraire.

Il dépose toujours sa partition de mots enchantés et de syllabes légères à la nuit tombée. L’anonymat du crépuscule lui permet de se fondre, silhouette désarmée, dans le décor des ombres.

Mais l’inconnue comprendra t-elle ces quelques notes typographées qui lui sont adressées ? Peut-être joue t-elle à chat perché en délicieuse compagnie, loin de se douter que quelque part, un chat errant un brin écorché, songe au jour où il l’a croisé… L’inconnue a t-elle seulement remarqué la présence de ce félin discret ? Et que fait-elle en son absence ? Peut-être rêve t-elle à d’improbables voyages au pays des possibles, là où l’on peut tout imaginer…

Ces cougars un brin couard 30 janvier, 2008

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration),les lettres du chat... , 4 commentaires

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Certains chats de gouttière, ceux qui ont des cicatrices un peu partout à force de s’être défendus, ces cougars un brin couard, traînent, portés par l’optimisme délirant qu’un jour ils pourront assouvir leurs ardeurs textuelles sur une presque ou parfaite inconnue, croisée au hasard d’une rue ou un soir tard. Certains de leurs mots peuvent être trompeurs, d’ailleurs ils en usent et en abusent, mais la plupart du temps leurs mots ont juste trop peur. Ils jettent les lettres et les phrases sur les fenêtres de l’inconnue et prennent la fuite en prenant soin tout de même de regarder, au loin, si elle les a lu.

Souvent l’inconnue balaie, d’un revers de manche ces tas incongrus, parfois elle s’attarde émue mais pas rassurée pour autant. Qui peut bien être l’auteur ? un voleur de coeur ? un passe-muraille sentimental ? Et puis c’est quoi ce charabia où vous avez besoin d’un dictionnaire ? un papy littéraire édenté et ravagé ?

Oui, la plupart du temps, ces drôles de chats de gouttière, errent, de rue en rue, et se désespèrent que personne ne reconnaisse ces petites fioritures en guise d’écriture, non signées bien sûr (le luxe de l’anonymat félinesque n’a pas de prix). Alors, après avoir mangé deux souris et trois moineaux, ils se prennent à rêver à tous ces mots si beaux qu’ils pourraient bien dire mais qu’ils préfèrent écrire.

Alors ils reprennent la route, incognitos et transparents, tellement insignifiants somme toute, que même si vous les croisiez, vous ne les reconnaitriez pas.

 

Le chat de gouttière 24 janvier, 2008

Posté par fdesbordes dans : les lettres du chat...,Non classé , ajouter un commentaire

C’est le chat de gouttière, assis sur le toit arrière.

Cultivant avec précaution les sublimes fleurs de son jardin secret, il contemple de toute sa hauteur ses pairs avec pour horizon, les premiers rayons d’un soleil qui va se lever.

C’est un chat que personne ne peut attraper; errant et solitaire, il se promène de fenêtres en fenêtres, observant à leur insu des morceaux de vie épars, et il sème de drôles de petits cailloux blancs pour les quelques êtres qu’il a en tête.

Ainsi va le chat de gouttière assis sur le toit arrière, qui fêle à la nuit tombée, une chanson légère et pâtinée, un refrain désenchanté, avec, dans les yeux, ce petit air qui s’est tu.

Il pleut. Le chat a disparu.

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