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Trace la ligne 20 décembre, 2010

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration) , ajouter un commentaire

 

Trace la ligne et attrape l’araignée. Spider a bien tissé. Maillage collé-serré.

Trace la ligne et mords-moi l’oreille. Que je me sente saigner. Mords-moi fort que j’y crois encore et, avant que tu ne me dévores, fais-moi penser que j’ai peut-être un peu peur et que je ne voudrais pas m’arrêter. Trace notre ligne, longiligne, sur la corde sensible, et de tes doigts de fée, fais-moi me cogner contre le mur de la chambre. Que tes bras m’enserrent si fort que je ne puisse plus respirer.

Dis-moi que tout cela ne rime à rien, que tout est juste insensé, dis-le moi encore, qu’on ne peut pas y résister.

Fais-moi sentir, fais-moi me faire sentir, que la terre vibre sous nos pieds, alongées côte à côte après l’amour et que la vie affleure dans mon rythme cardiaque.

Trace ma ligne que je puisse traverser et te rejoindre, dis-moi que tout cela aura une fin, enfin.

Attrape l’araignée et ne te fais pas manger.

La princesse aux petits pois… 28 novembre, 2010

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration) , 5 commentaires

Un soir vous avez croisé la princesse aux petits pois. Des petits pois, par milliers sur son décolleté. Un poids léger et une courbure échancrée. Vous,vous étiez bien caché derrière les manteaux et, à sa vue, votre tête s’est mise à tourner. Parfois, les princesses aux petit pois tombent vraiment mal. Parce-que dans la vraie vie les princesses aux petits pois vous regardent avec ce petit air là sans se douter que tous ses petits pois font un certain brouhaha devant vos yeux.
Vous pouvez apercevoir les petits pois qui s’envolent, à la queue leu leu, comme autant de petites lucioles et éclatent en feu d’artifice sur le plafond en corolle. La princesse a le regard qui pétille et vous, vous dîtes que c’est trop bête parce que chez vous, la seule chose qui brille, c’est le silence imposant des néons qui ricochent sur vos dents. 30 centimètres vous séparent, 300 millimètres de bout de comptoir. Il faut faire attention car les princesses aux petits pois sont comme des chats, filant aussi vite qu’elles n’apparaissent, elles laissent une trace tenace dans votre champ de vision.

Alors pour retenir leur attention, il faudrait inventer un gigantesque filet à papillon. Vous vous transformeriez en dompteur de petits pois évadés et autres vers luisants et iriez les cueillir pour les offrir à la princesse dans une besace en lui disant avec prudence :  » Mademoiselle, j’ai retrouvé vos petits pois égarés ». Elle ouvrirait le sac et pourrait voir dedans, la mappemonde des étoiles au firmament.

Une chose est sûre. Même à 30 centimètres de distance les princesses aux petits pois ont ce charme indescriptible des princesses qui s’ignorent.

 

Sad Song in the fullmoon 22 novembre, 2010

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration) , 3 commentaires

Sad song in the fullmoon et ses arrêts d’autobus après qu’il ait plu. Et ce grand coup de cafard, noir, tout seul dans la rue. Le silence qui broie les bronches dans la rue et le vieux qui rentre sa poubelle, il est tard. L’autocar referme ses portes et l’emporte. Il est trop tard.

Sad song in the fullmoon, heart in a typhoon, l’art et la manière de ne pas avoir l’air, de laisser les circonstances prendre la distance et le calme trop vaste qui remplit tout son espace.

sad song in the fullmoon, la fille de l’air s’est fait la malle, et on s’est pris une balle, perdue.

 

Hommage à la lenteur … 12 novembre, 2010

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration) , 1 commentaire

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 » [...] Nous fonçons pour rester à la même place, dans un présent qui fuit sans cesse. Car si nous arrêtons une seconde de courir – après le travail, nos courriels, nos rendez-vous, nos obligations, notre argent, après le temps qui file – nous tombons. Dans le chômage, la pauvreté, l’oubli, la désocialisation. Voilà le portrait de l’homme moderne, selon le sociologue allemand Hartmut Rosa. Le temps s’accélère et nous dévore [...] « .

Il y a la pression constante, de satisfaire aux desideratas de nos pairs. Il y a le stress, omnipotent, de notre société défigurée par le choc des générations. Il y a l’insistance des médias, à vouloir nous effrayer sur à peu près tout et rien. Il y a cette pensée généraliste qui pèse de tout son poids sur nos lobes frontaux dans un « no futur » infernal. Et le chantage, celui du présent, cloisonné entre deux étaux, nous condamnant à sur-vivre toujours plus, toujours plus vite, toujours plus fort, toujours plus haut, toujours plus loin mais ici, maintenant, tout de suite, là, sur l’instant, aujourd’hui, sur le champ.

Alors je laisse ouverte ma porte à tous vents, au gré des marées, et tant pis si elles m’emportent car aujourd’hui c’est la vie qui reprend ses droits sur les cendres immaculées de tous ces petits bouts de « moi » éparpillés selon les saisons ou les années. Lentement. Mais sûrement. Et j’attrape au vol l’horloge maître, estoc en toc, « est-ce que le quart de ce que j’ai à t’accorder te suffira ? ». Ou bien peut-être, faut-il lui apprendre à vivre à ce Chronos un peu boxeur ? Le transformer en auto-stoppeur, pouce levé pour qu’il s’arrête, un temps de courir, si vite, que j’en ai perdu mon souffle.

Même pas peur, j’ai la maîtrise de ma lenteur.

Vivre alors à rebourd, défiant les lois de l’apesanteur, un peu ailleurs, seulement retenu par le fil invisible de ces choses intangibles. Vivre vite mais très lentement…

 

 

 

One day 20 octobre, 2010

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration),le 3eme roman - titre provisoire "Island voice" , 2 commentaires

Se heurter au mur fin de la réalité. Etre la personne que l’on voit dix fois sans vraiment la croiser. Etre celui qui vous regarde passer, depuis le trottoir d’en face, caché derrière la pluie. Le manteau vous dit vaguement quelque chose sans vraiment vous souvenir et fixer cet imperméable.

Ragards échangés dans un commerce ? Rencontrés à une soirée ?

A la longue vous ne savez plus très bien, les visages se mélangent et les prénoms ne vous disent plus rien, il ne reste que le vide insensé, froid et lugubre, comme un grand courant d’air dans votre poitrine. Vous serrez votre manteau pour vous sentir, peut-être, au chaud. Vous hochez de la tête, sans cesse, écoutant avec politesse et beaucoup d’attention ce que l’on offrira à sa bien aimé, ce à quoi l’on voudrait rêver, ce que l’on pourrait être et au fond, c’est comme un puit sans fond, vous avez beau jeter des petits cailloux blancs vous ne retrouvez plus aucun chemin.

Ce n’est pas un conte de fées, il n’y a pas de petit poucet, ni de prince charmant. Il n’y a que vous. Emmuré vivant dans votre palais des glaces. Un cauchemar sans tour de passe-passe pour se réveiller.

La Belle Personne 7 octobre, 2010

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration) , 2 commentaires

A bien y réfléchir, il n’y a de bons ou de mauvais moments pour les rencontres. Tout au plus s’agit-il d’accidents de temps, axes transversaux dans la réalité de deux êtres, qui se croisent à cet instant T, précisément.

Oui, on ne choisit pas ces moments précis, dans nos vies, individus que nous sommes, empêtrés dans notre scotch et notre glue, tant occupés à soigner nos petites âmes fracturées. Et là, alors que nous étions si concentrés sur notre existence, oui, c’est juste là, que nous rencontrons la Belle Personne. Alors les mots manquent. Car La Belle Personne est cet être inclassable, apparue dans la brume de notre histoire et sa simple présence suffit à apaiser notre chronologie fêlée. Alors les phrases s’entrecroisent en tango échevelé et les syllabes se brisent dans les silences du tempo lancinant. Il n’y a pas de bons moments pour les rencontres, il n’y a, somme toute, que la sensualité de la découverte à perpépuité, le charme certain du temps qui passe à ses côtés et cette absurde et déroutante raison qui conduit à nous dire qu’assurément, ce n’est pas le bon moment. Alors la syntaxe s’emmêle et la ponctuation flotte, hésitante, bras ballants, dans un entre-deux en vacance.

Et La Belle Personne de disparaître dans la brume de notre histoire, on voudrait le prolonger cet instant-là et pourtant voilà déjà qu’elle part.

Distorsion de l’espace et l’on ramasse les morceaux de notre rencontre pour les mettre dans un joli mouchoir…

 

La nuque 29 septembre, 2010

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration) , 2 commentaires

Il y a cette boîte de jazz enfumée, cave humide où l’on va les yeux fermés.

Au mur de vieilles affiches qui se décollent, on se frôle des épaules, l’oeil qui pique j’écrase ma clope dans un cendrier bondé.

Il y Ray Charles en fond feutré, le vinyl qui parle en crachotant un flow qui se suffit à lui-même et les lampes tamisées qui donnent des airs un peu blêmes.

Il y a cette nuque, et l’instant d’après son regard qui cogne dans la poitrine, braises ardentes dans le glacier de ses prunelles. Et puis il y a ce son, ce son qui résonne. Elle jette un rapide coup d’oeil à la salle et les graves redoublent, faisant claquer les verres de bourbon. Cette nuque. Qui fait tout vibrer sur son passage avec la nonchalance de ceux qui contiennent leur rage. Cette nuque. Que l’on distingue sous les boucles à l’anglaise, fière.

Une main l’attire à elle. Je hais cette main. Une main qui caresse cette nuque avec une certaine certitude, celui d’une nuque qui se laissera aller dans la tendresse. Je hais cette main qui s’attarde sur l’arête de l’épaule, légère pression du désir et la clavicule qui répond, enlaçant la main dans un soupir. La nuque et la main, si belles dans la boîte enfumée.

Je m’en vais.

Short message 25 septembre, 2010

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration) , 1 commentaire

A quoi pense-t’on quand on vient d’envoyer un sms ?

Et bien, on commence fébrilement par vérifier si on l’a bien envoyé à la bonne personne et là, merci les accusés de réception. Et puis on observe les escalopes de dinde à la normande en train de griller dans la poêle, en se disant que c’est vraiment un concept marketing stupide, puisqu’on n’a jamais été en Normandie manger des escalopes de dindes normandes.

Ca frit, ça fait pshit-pshit dans la poêle, on les retourne toutes les trente secondes et on vérifie une dernière fois qu’on ne s’est pas trompé de destinataire.

Et puis on regarde ses sms et on se dit que, quand même, c’est étonnant tous ces points de suspension dans les micro-messages. Un peu comme des phrases accrochées à des pinces à linge qui volèteraient dans la brise automnale. Accrochées mais suspendues. Au fil à linge du téléphone.

Alors, on se demande, pourquoi on ne met jamais de « point-de-suspension », même pas point souvent. Histoire de ne pas trop ponctuer ces micro-histoires filaires, histoire de rester dans « les-clous-de-l’interprétation ». Parce-que, finalement, ces points de suspension là, ils ont un peu leur propre histoire, plus que des points, plus vivants que des virgules, moins dramatiques que des points d’interrogations, ils laissent le lecteur en lévitation.

On retourne une dernière fois les escalopes de dinde à la normande, deux coups de moulin à poivre et on se dit que, pour une fois on laissera les points de suspension faire leur bonhomme de chemin.

Un jour peut-être… 19 septembre, 2010

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration) , 5 commentaires

Un jour, peut-être, les hirondelles voleront en hiver et je t’embrasserai.

Un jour, peut-être, les nains de jardins siffleront à tue-tête et je te frôlerai.

Un jour, peut-être, tes belles et grandes mains souffleront ce vent étrange sur mon dos et je me retournerai.

Un jour, peut-être, qui sait où cela nous mènera, je pourrais me laisser tenter et te raconter que je rêve.

Et si les « un jour, peut-être», mis bout à bout en superposition infinie de si forme une réalité tangible il faudra bien que je te dise comme je me surprend à attendre ces nouvelles improbables que tu me donnes.

Et pourtant, je sais bien que dans les « un jour, peut-être », les peut-être se transforment en heures intangibles où le silence est d’or.

Et la roue tourne, toujours plus fort, grand huit ou saut à l’élastique, ce n’est pas moi qui choisirai.

Un jour peut-être, les hirondelles voleront suffisamment bas pour qu’elles t’ouvrent la voie…

Barcelone à ma porte 6 septembre, 2010

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration) , 1 commentaire

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Barcelone à ma porte, poussière de ville et rêve d’étoiles. Etoile filante sur mon parapet et c’est le vent qui l’emporte. Néons et réverbères pour seuls témoins égarés, Barcelone comme une esquisse, fugace et joli portrait, voilà ce que je retiendrai.

Ou bien l’empreinte de l’aube entre les volets et ces quelques mots échangés. Oui, voilà ce que je retiendrai.

Barcelone à ma porte et je la laisse entrer.

A mi me gusta. Barcelone à ma porte et elle s’est refermée…

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