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15 Août 16 août, 2010

Posté par fdesbordes dans : Chronique de ma vie bordelaise,ecrits (quand j'ai de l'inspiration) , ajouter un commentaire

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L’été tire à sa fin. Je prends le train. C’est étrange d’écrire dans le train et de pouvoir, quasi en instantané, publier sur internet. J’essaie de finir d’écrire mon bouquin. Je ne sais pas si je vais y arriver. Je suis à la moitié et six mois que je sèche. Mon indécision chronique pèse même sur les feuilles qui restent désespérément blanches. Comme des marionnettes, suspendues en pleine action, mes héros hésitent et laissent le temps au temps.

Dans mes écouteurs, le « saving my face » de Katie Tunstall, une guitare endiablée et une boîte à rythme qui règle ses pas sur le mien. Je regarde par la fenêtre. Mon chien, à côté de moi.

C’est dimanche et j’ai pris le train. En prévision de mon déménagement imminent, je refais des cartons que je n’ai jamais défait, dormants dans une remise, des photos qui ont pris l’eau dehors et il a fallu toutes les trier, jetant, par la même occasion, un coup d’oeil dans le rétro. Premier film réalisé, premier amour, premier bouquin, première rupture, première virée en Espagne, première fois super amoureuse, premier voyage en amoureuse, première gueule de bois, premières vacances, premier emménagement ensemble, premier déménagement… Je regarde ces centaines de photos et mes premières fois ne s’arrêtent jamais. On défait des cartons, on refait des cartons, on bouge, on virevolte, on tombe, on se révolte, on se relève, le sourire aux lèvres…

On marche sur un cahier, celui de nos 10 ans et nos premiers poèmes. Déjà pour une fille, ça n’a jamais vraiment changé. Dans le souvenir elle est belle, intelligente, déterminée et plus âgée. Ca n’a pas beaucoup changé. Dans le souvenir, elle regarde la petite personne de 10 ans comme on regarde une petite personne qu’on a sous sa garde, on lui raconte des histoires pour qu’elle s’endorme, on lui fait un bisou sur le front, on ferme la porte et on file retrouver son amour. Ca aussi ça n’a pas beaucoup changé.

Alors on range le cahier et on file prendre son train car c’est dans les trains que s’écrivent les plus belles histoires…

 

La nuit tremble 1 août, 2010

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration) , 2 commentaires

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Est-elle blonde, brune ou rousse ? Cheveux mi-longs, longs ou librement décoiffés ? A-t-elle les yeux foncés comme le liseré de ma tasse de café qui me réchauffe les doigts après l’orage ? Ou bien des yeux délavés par les pluies répétées ? On ne saura pas. Ou si peu. La nuit tremble et je suis fatiguée. L’un reste, l’autre part. On peut choisir de rester. Et tant pis, si le marécage de vodka finit de faire exploser les boites craniennes. Les néons brûlent et dans le salon, la table basse a disparu sous le poids des verres. Comme une trace elle s’est tu. La fumée des cigarettes coule dans mes veines. Le robinet fuit, un verre d’eau, la cuisine, la pénombre et les lueurs de la ville.

Le noir de la chambre et cette odeur qui n’est pas la mienne. Je ferme les yeux. Ses bras, qui m’enlacent, et sa voix rauque qui s’enfuit dans mon horizon. Comme un point de plus en plus lointain. Alors  j’abaisse le frein à main et je dévale la pente dans l’obscurité, et je saute à pieds joints dans le clair-obscur de mes rêves. Et soudain, je suis dans un immense supermarché paumé, néons frémissant et lumière jaune. Dans les rayons, des images, des photos, un vieux monsieur qui joue du banjo.J’ai du atterrir dans un drugstore de Louisiane, ça sent la crevette et la moiteur me fait ruisseler. Une femme allume sa clope avec des allumettes, chapeau de cow-boy et rimmel qui coule. Je suis seule à pousser mon caddie, et il n’y a bien que le bourdonnement las du plafond pour me tenir compagnie. Alors j’entasse, pêle-mêle tous ces chromos, grands formats, grain satiné et destins croisés.

9H du matin. J’ouvre la porte d’entrée et je prends le cliché..

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Effeuillage… 29 juillet, 2010

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration) , 4 commentaires

je t’ai aperçue un peu, beaucoup, l’espace d’un instant.

je t’ai peut-être re-croisé un jour, un peu, quelquefois…

j’ai complètement craqué un peu, beaucoup, absolument, résolument.

alors je me suis caché un peu, beaucoup, et ça c’est tout à fait moi…

et depuis, toutes les pâquerettes de la terre ne suffiraient pas à te dire que je pense à toi, un peu, beaucoup…

 

les « si » et les « la » 24 juillet, 2010

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration) , 2 commentaires

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Il y a des « si » et des « la » qui fredonnent, lalala, un certain temps, celui où tu n’es pas là. Il y a les smiley qui clignent et me font tourner de l’oeil, n’importe comment, et je m’effeuille.  Il y a les coeurs à la ceinture, breloquant de toi et un peu de moi, résonnant en « mi » majeur  et crochètent les serrures. Il y a, tout ce tas d’impossibles fêlures enfouies sous les gravats, et les mumures des « oui c’est sûr », lalala…
 

la somme de tous les risques 21 juillet, 2010

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Il surgit là, abrupt, brutal. Une entrée fracassante, fascinante. Il est violent, intense et la prend aux tripes. Il est ferme, presque étouffant. Il la serre et l’enlace contre le bureau. Il l’a prise de face, lui coupant sa phrase. Elle est restée assise, sa garde presque baissée, sans retenue elle s’est laissé aller à imaginer, ses pensées buissonnant à l’ombre d’une certaine réalité.

Il en va ainsi du désir. Un amant puissant qui la culbute contre la table. Ce n’est pas à lui qu’elle s’abandonne, non c’est à l’objet du désir. Alors elle se laisse emporter par les arabesques de la silhouette qui s’anime sous ses prunelles. Un contour, un profil, une onde de choc. Une alchimie peut-être.

La forme est sensuelle, le désir cruel.

C’est la somme de tous ces risques mis bout à bout, formant l’équation de cet équilibre instable, entre tentation primale et refus d’obtempérer à la vérité nue. Lutter contre l’attirance ou feindre l’innocence ?

De clins d’oeil en signes éclairés, de silences en regards détournés, l’ardeur s’aiguise.

Pretty voice et milky way, elles brisent le protocole. Jour bleu pétrole, leurs reflets sous les lumières effarées. Et les baisers fugitifs s’enfuient, tanghetto dans la nuit. Agrippées l’une à l’autre, position relative, à quelques choses près, elles entament le périmètre de leur équateur. Parabole sans pudeur. Agrafes dézippées, étreintes désirées, le carillon s’arrête et les corps s’entêtent. Le rythme à fleur de peau pénètre crescendo entre alternance et mouvement, va et vient synchronisé sur leur déhanchement..

 

Le petit chat est mort 17 juillet, 2010

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Une ombre est passée dans son regard, un quart de seconde pour se reprendre et ressentir. Ce soir le petit chat est mort. Abandonné dans son linceul de sang, seul sur la route. Il manquera peut-être, on n’en sait rien. Il y a juste ce chat sur le bord de la route que je photographie pour me souvenir que nous sommes tous des chats à la merci d’une autoroute.

Ma poitrine a fait boum boum, et moi j’étais juste là, à contempler cette bête morte que je ne connais même pas. Mon coeur tressaute et puis s’en va. Vagabondant comme un auto-stoppeur de chocs en chocs, de croisées en chemins. Transformé en vaste botin mondain, capable de débiter des lignes de codes, adresses et numéros de téléphone pour les filles en mal de jolis refrains.

Et je reste là, à contempler tout ce qu’il y a saisir. Spectacle assourdissant de la vie qui s’élève et des voix qui s’évanouissent en murmures, des bras qui se mélangent et de tous ces désirs.

Ce soir le petit chat est mort et le botin a fait du bon travail. Réunissant quelques âmes éparses au prix de quelques pages arrachées. Numéros de téléphones échangés, bras dessus dessous mélangés. Et de nouvelles histoires qui s’écrivent déjà.

Le botin tourne ses pages et détaille au passage, tous ces mariages, divorces, histoires d’un jour ou pour toujours; oui je glisse mes doigts mouillés sur le bord de mes pages, souris et passe à autre chose.

 

Elle 16 juillet, 2010

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration) , ajouter un commentaire

Elle étale son écharpe sur l’herbe roussie, s’assoie et ouvre un roman qu’elle lit, fluide et délicat. Elle tourne les pages tout en mangeant, sans vraiment y penser, son sandwich thon-mayonnaise industriel à l’arrière gout de papier mâché. Devant les pompotes à boire, une hésitation. La seule de la journée. Pomme-vanille ou pomme-fraise ? Elle ferme les yeux et prend sans regarder.

La limpidité écrasante de sa pensée a surgit vers 3H du matin : c’est en touriste qu’elle visite son existence. Un peu comme une sortie au musée qu’on ferait un dimanche sous la pluie. Histoire de tuer le temps.
Alors elle son passe son temps a le tuer ce foutu temps et les jours défilent, de semaines en semaines et elle ne s’y accroche jamais. A quoi bon puisqu’un autre été succédera à celui-ci et encore un autre, et ainsi de suite jusqu’au jour où, en définitive, elle sera moche et ridée, croupissant dans un asile de vieux, tout ça parce qu’elle n’aura pas assez cotisé pour espérer avoir une retraite décente.

sans espoir la vie perd de sa valeur et sans désespoir on ne peut avoir une certaine idée du bonheur.

La pensée est partie, comme toutes les autres d’ailleurs, il ne reste plus que la pendule qui égrène les minutes puis les heures, monocorde et sans saveur.

La belle au bois dormant replie son écharpe, se lève et s’en va.

7h16 14 juillet, 2010

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7h16, plus qu’écart et pas d’équerre, la chair qui fait boum boum, résonne et franchit le mur du son.  Bits block, clip vicious, skeletons et petits poissons. La vidéo des filles qui s’embrassent. 4mn30, à sentir le parfum étranger se mélanger. Et ce silence qui se détend au rythme de ces inspirations, va et vient des poumons qui propulsent le chant des murmures que l’on veut taire.

Embraser les paroles, suspendues en l’air à tirer à pile ou face la « eighty ball », secouer très fort et « no doubtly » encore.  En attendant on mesure, on se mesure et on déroule les secondes, tapis rouge et menu déroutant de cette image toute en courbes délicates, les paillettes éclatantes qui surgissent sous la lumière, les triples fossettes qui s’animent et on entend plus le son. Les yeux qui s’éteignent mais pas ses prunelles, logées comme deux balles de revolver dans une cervelle d’où jaillit les refrains d’un feu d’artifice lointain.

7h16 et le ciel qui s’éclaire, l’aube d’un nouveau matin. On dirait bien que c’est déjà demain.

coeurs à corps 20 juin, 2010

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration) , ajouter un commentaire

Coeur suspendu du haut de sa balançoire; coeur un peu perdu, tout seul dans le noir; coeur abandonné dans une consigne à bagage; coeur rêvant de liberté enfermé dans sa petite cage; coeur délicatement déposé dans une salle des objets trouvés, coeur égaré dans un hall d’hôtel bondé; coeur émerveillé de ces jours qu’égrène l’année; coeurs à corps et à corps perdus, ce sont les cris de ces coeurs que l’on entend la nuit, quand la ville dort…

Entre… 12 mai, 2010

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration) , 1 commentaire

Entre la vie et la mort, entre l’angoisse et la foi, la honte et le désir, la pénombre et le brouillard, la pluie et le vent, entre le monde et le néant, on entend la respiration haletante du joueur d’accordéon, agenouillé au chevet, le front baissé et la nuque raide. Entre l’horizon et le crépuscule, boule saillante et ruisselante de cette rougeur incandescente, le faiseur de sons pianotés s’est tourné, s’adressant à la foule impatiente. Entre le bruit furieux des notes assurées et le silence haletant du souffle des hanches libres, l’instrument trouve son maître.

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