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Monsieur le directeur 4 octobre, 2010

Posté par fdesbordes dans : coup de gueule , ajouter un commentaire

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Monsieur le directeur,

 

C’est avec une profonde lassitude que je me décide à vous adresser ce courrier recommandé. Il semblerait que vos services aient, encore une fois, commis une erreur sur mon dossier. Dois-je vous rappeler que vous m’avez déjà désinscrite d’office il y a moins de trois mois par erreur, me demandant par la même occasion de rembourser une somme grotesque et que pour me réinscrire, il a fallu que j’attende patiemment 44 jours ?? 44 jours, monsieur le directeur, on peut considérer que c’est un délai pour le moins… inacceptable…

Ma patience a atteint ses limites ce matin, monsieur le directeur, quand j’ai pu constater les incohérences des documents que vous m’adressez, avec quelle légèreté vous traitez mon dossier.

Dans le courrier du 22 septembre, vous me signalez que je serai indemnisée à partir du 23 août.

Quand je reçois le détail du versement le 29 septembre, je m’aperçois que pour la période du mois d’août 2010, vous relevez bien 9 jours de travail, 7 jours de carences obligatoires et 7 jours au titre des congés et autres indemnités de départ, mais, à partir du 9 août. Chez pôle-emploi, le mois d’août commence le 9 ?

Alors récapitulons ensemble, si vous le voulez bien:

J’ai bien travaillé du 1er au 9 août, suivi d’une période de carence de 7 jours puis d’une période de carence au titre des indemnités de 7 autres jours, qui, si mes calculs sont exacts, (cependant nul besoin de s’appeler Einstein pour additionner) 9+7+7 = 23. Comme le stipule le premier courrier, mon indemnisation commence bien le 23 août. Vous seriez donc assez aimable de reconsidérer le paiement du mois d’août 2010 en partant du fait que ce mois commence le 1er et non le 9. Vous me devez donc la somme de XXX euros, versée sur mon compte dans les plus brefs délais, à réception de ce courrier.

Je vous adresse ce courrier, monsieur le directeur, puisque c’est vous qui signez chacun des documents qui me sont adressés. Cependant, nous savons vous et moi, que cette signature est électronique et qu’en réalité, vous n’avez aucune idée quant au contenu des documents qui me sont transmis.

J’adresse une copie de ce courrier à votre directrice régionale, madame Dagnicourt-Nissant et je rends public ce courrier sur internet à cette adresse : http://fdesbordes.unblog.fr

 

Cordialement,

XXXX

La nuque 29 septembre, 2010

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration) , 2 commentaires

Il y a cette boîte de jazz enfumée, cave humide où l’on va les yeux fermés.

Au mur de vieilles affiches qui se décollent, on se frôle des épaules, l’oeil qui pique j’écrase ma clope dans un cendrier bondé.

Il y Ray Charles en fond feutré, le vinyl qui parle en crachotant un flow qui se suffit à lui-même et les lampes tamisées qui donnent des airs un peu blêmes.

Il y a cette nuque, et l’instant d’après son regard qui cogne dans la poitrine, braises ardentes dans le glacier de ses prunelles. Et puis il y a ce son, ce son qui résonne. Elle jette un rapide coup d’oeil à la salle et les graves redoublent, faisant claquer les verres de bourbon. Cette nuque. Qui fait tout vibrer sur son passage avec la nonchalance de ceux qui contiennent leur rage. Cette nuque. Que l’on distingue sous les boucles à l’anglaise, fière.

Une main l’attire à elle. Je hais cette main. Une main qui caresse cette nuque avec une certaine certitude, celui d’une nuque qui se laissera aller dans la tendresse. Je hais cette main qui s’attarde sur l’arête de l’épaule, légère pression du désir et la clavicule qui répond, enlaçant la main dans un soupir. La nuque et la main, si belles dans la boîte enfumée.

Je m’en vais.

Short message 25 septembre, 2010

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration) , 1 commentaire

A quoi pense-t’on quand on vient d’envoyer un sms ?

Et bien, on commence fébrilement par vérifier si on l’a bien envoyé à la bonne personne et là, merci les accusés de réception. Et puis on observe les escalopes de dinde à la normande en train de griller dans la poêle, en se disant que c’est vraiment un concept marketing stupide, puisqu’on n’a jamais été en Normandie manger des escalopes de dindes normandes.

Ca frit, ça fait pshit-pshit dans la poêle, on les retourne toutes les trente secondes et on vérifie une dernière fois qu’on ne s’est pas trompé de destinataire.

Et puis on regarde ses sms et on se dit que, quand même, c’est étonnant tous ces points de suspension dans les micro-messages. Un peu comme des phrases accrochées à des pinces à linge qui volèteraient dans la brise automnale. Accrochées mais suspendues. Au fil à linge du téléphone.

Alors, on se demande, pourquoi on ne met jamais de « point-de-suspension », même pas point souvent. Histoire de ne pas trop ponctuer ces micro-histoires filaires, histoire de rester dans « les-clous-de-l’interprétation ». Parce-que, finalement, ces points de suspension là, ils ont un peu leur propre histoire, plus que des points, plus vivants que des virgules, moins dramatiques que des points d’interrogations, ils laissent le lecteur en lévitation.

On retourne une dernière fois les escalopes de dinde à la normande, deux coups de moulin à poivre et on se dit que, pour une fois on laissera les points de suspension faire leur bonhomme de chemin.

Un jour peut-être… 19 septembre, 2010

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration) , 5 commentaires

Un jour, peut-être, les hirondelles voleront en hiver et je t’embrasserai.

Un jour, peut-être, les nains de jardins siffleront à tue-tête et je te frôlerai.

Un jour, peut-être, tes belles et grandes mains souffleront ce vent étrange sur mon dos et je me retournerai.

Un jour, peut-être, qui sait où cela nous mènera, je pourrais me laisser tenter et te raconter que je rêve.

Et si les « un jour, peut-être», mis bout à bout en superposition infinie de si forme une réalité tangible il faudra bien que je te dise comme je me surprend à attendre ces nouvelles improbables que tu me donnes.

Et pourtant, je sais bien que dans les « un jour, peut-être », les peut-être se transforment en heures intangibles où le silence est d’or.

Et la roue tourne, toujours plus fort, grand huit ou saut à l’élastique, ce n’est pas moi qui choisirai.

Un jour peut-être, les hirondelles voleront suffisamment bas pour qu’elles t’ouvrent la voie…

Ma vie au rayon yaourts 11 septembre, 2010

Posté par fdesbordes dans : Chronique de ma vie bordelaise , 6 commentaires


On sous-estime complètement la puissance d’un rayon particulièrement bien achalandé comme celui des yahourts.

Alors que je faisais mes courses au Leclerc du coin, passant en revue minutieusement l’étalage de Bifidus actifs, de crèmes brûlées de chez Mémé et autres profiteroles, je pris soudain conscience que ma vie sentimentale se résumait, pour ainsi dire, à une de mes longues réflexions au rayon lactose. Une marche apnéique entre les yaourts aux fruits avec ou sans morceaux et ceux plus onctueux, goût nature ou bulgare selon.

Et je déambulais, hésitant entre ceux à 0% et ceux avec de la mousse, et juste après il y avait ceux à la crème : brûlée, pas brûlée, chocolat, morceaux, sans morceaux, grand marnier, caramel, arôme de synthèse et E 512 en option.

Au bout d’une demi-heure d’allers et retours indécis, sans surprise, j’ai sorti ma « eighty ball », lui demandant si je devais prendre de la faisselle. Elle m’a répondu : not yet. Bon, ben pas de faisselle aujourd’hui. On reviendra la semaine prochaine alors.

 

Parfois, les yaourts ont l’air très alléchants. Emballages sympas, pas de blabla mais quand on regarde la composition, tout de suite les choses se compliquent : arôme artificiel, sucre de synthèse, conservateurs en tout genre, j’en passe et des meilleurs.

Parfois les yaourts soufflent « manges-moi »… Mais n’étant pas vraiment sûre d’avoir bien entendu, je reste dubitative quand au message qui m’est adressée.

Parfois l’emballage dit aussi « ouverture facile », mais les concepteurs n’ont pas envisagés que des gens comme moi ne trouve pas cela forcément é-vi-dent. Ouverture facile, ouverture facile… Combien de yaourts m’ont pété entre les doigts, tout ça parce-que l’opercule était coincé ?

Voilà. Ma vie sentimentale est comme une longue procession au rayon très frais de chez Leclerc, j’y vais, je regarde ce yaourt très chouette qui me plaît beaucoup et… Je prend du fromage.

 

Barcelone à ma porte 6 septembre, 2010

Posté par fdesbordes dans : ecrits (quand j'ai de l'inspiration) , 1 commentaire

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Barcelone à ma porte, poussière de ville et rêve d’étoiles. Etoile filante sur mon parapet et c’est le vent qui l’emporte. Néons et réverbères pour seuls témoins égarés, Barcelone comme une esquisse, fugace et joli portrait, voilà ce que je retiendrai.

Ou bien l’empreinte de l’aube entre les volets et ces quelques mots échangés. Oui, voilà ce que je retiendrai.

Barcelone à ma porte et je la laisse entrer.

A mi me gusta. Barcelone à ma porte et elle s’est refermée…

Another day 2 septembre, 2010

Posté par fdesbordes dans : Non classé , ajouter un commentaire

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Distingo distingué, un brin dingo, entre le silence et l’absence, doux dingue un peu distrait, Distingo comble les blancs.

Blancs comme neige, ces non-dits n’en ont que l’apparence. Dans la part des anges Distingo fait la part des choses, machant tranquillement son magret cuit à point. C’est à peine si à brûle pourpoint, Distingo pose des questions qui n’en ont pas l’air, déchiffrant ce code insensé et pourtant si féminin qu’est le double langage…

Et si l’on pouvait attraper ce à quoi pensent les femmes quand leur regard se dérobent pendant cette gorgée de vin… Cernant l’évasif comme les cow-boys avec leur troupeau, Distingo prend sur le vif ces troubles inavouables, ces demi-ton à peine marqués, ces genoux qui tremblent et ces mains posées.

Comme une valse à quatre temps, un, deux, trois et quatre il comble le blanc…

Distinguer; et lire entre ces lignes, délicatement déposées pour mieux les contourner…

 

C’est la senseo qui va me manquer… 23 août, 2010

Posté par fdesbordes dans : Les nouvelles du front , 1 commentaire

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Ce matin, constatant avec un soupçon d’anxiété que mes insomnies s’aggravent, je me levais d’une humeur de bouledogue anglais bien baveux et sans le vouloir glissais sur le chat. Après un démêlage de griffes musclé, le chat et moi nous regardions, l’oeil assassin.

A ma décharge, mes nuits blanches sont d’autant plus blanches qu’après une bonne séance de méditation zen à cinq heure du matin, essayant vainement d’atteindre le nirvana, pile au moment où je commence à sombrer dans les bras de Morphée, ce branquignole sur patte décide de faire du trampoline sur ma tête dans un concert de miaou-miaou endiablé.

Ronron-sur-patte semble s’acharner à vouloir me réveiller à chaque fois que je m’endors. Une fois, deux fois, trois fois, Doris Lessing vole dans la chambre, bientôt suivi par la bio de Freud. Ronron échaudé me fout enfin la paix.

Me voilà donc au réveil, le regard vitreux planqué derrière ma dernière paire de lunette de soleil, perdue dans la contemplation du café qui coule. Une pure merveille la Senséo de l’Hibiscus. En moins d’une minute le café est prêt, fumant et cette délicieuse pellicule de mousse onctueuse… Ahhh, oui, c’est sûr, elle va me manquer la cafetière.

Je me demande si, lors de mon déménagement, je ne pourrais pas échanger mon micro-onde contre la Senséo…

 

vacances post-teenagers 17 août, 2010

Posté par fdesbordes dans : Chronique de ma vie bordelaise , 2 commentaires

 

 

Midi à la campagne, couchée sur une espèce de balancelle qui donne légèrement la nausée. Et ça balance sec. Partie de poker sous le soleil, entre deux SPLASH dans la piscine. Moyenne d’âge, 20 ans et beaucoup de testostérone. Du coup, je m’adapte et j’adopte un air entendu quand un « ça gère, la fougère ! » résonne à mes oreilles. Aucune idée du sens caché de cette interjection, mais bon, on va faire comme-si-que. Brelan d’As sous mes lunettes de soleil, je récupère les jetons quand je glisse à mon acolyte :

« _ c’est quoi ton gel pour les cheveux ?

_ De la Wet effet mouillé, ça les plaque bien sur le côté. Et toi ?

_ Moi c’est la nouvelle cire de chez Schwarskopf, avec un effet irisé.Pas mal non ?
_ Moué. Par contre, la barrette dans les cheveux, franchement ça fait trop teenage. T’as 30 ans quand même… »

La barrette ou le fossé générationnel…

 

 

15 Août 16 août, 2010

Posté par fdesbordes dans : Chronique de ma vie bordelaise,ecrits (quand j'ai de l'inspiration) , ajouter un commentaire

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L’été tire à sa fin. Je prends le train. C’est étrange d’écrire dans le train et de pouvoir, quasi en instantané, publier sur internet. J’essaie de finir d’écrire mon bouquin. Je ne sais pas si je vais y arriver. Je suis à la moitié et six mois que je sèche. Mon indécision chronique pèse même sur les feuilles qui restent désespérément blanches. Comme des marionnettes, suspendues en pleine action, mes héros hésitent et laissent le temps au temps.

Dans mes écouteurs, le « saving my face » de Katie Tunstall, une guitare endiablée et une boîte à rythme qui règle ses pas sur le mien. Je regarde par la fenêtre. Mon chien, à côté de moi.

C’est dimanche et j’ai pris le train. En prévision de mon déménagement imminent, je refais des cartons que je n’ai jamais défait, dormants dans une remise, des photos qui ont pris l’eau dehors et il a fallu toutes les trier, jetant, par la même occasion, un coup d’oeil dans le rétro. Premier film réalisé, premier amour, premier bouquin, première rupture, première virée en Espagne, première fois super amoureuse, premier voyage en amoureuse, première gueule de bois, premières vacances, premier emménagement ensemble, premier déménagement… Je regarde ces centaines de photos et mes premières fois ne s’arrêtent jamais. On défait des cartons, on refait des cartons, on bouge, on virevolte, on tombe, on se révolte, on se relève, le sourire aux lèvres…

On marche sur un cahier, celui de nos 10 ans et nos premiers poèmes. Déjà pour une fille, ça n’a jamais vraiment changé. Dans le souvenir elle est belle, intelligente, déterminée et plus âgée. Ca n’a pas beaucoup changé. Dans le souvenir, elle regarde la petite personne de 10 ans comme on regarde une petite personne qu’on a sous sa garde, on lui raconte des histoires pour qu’elle s’endorme, on lui fait un bisou sur le front, on ferme la porte et on file retrouver son amour. Ca aussi ça n’a pas beaucoup changé.

Alors on range le cahier et on file prendre son train car c’est dans les trains que s’écrivent les plus belles histoires…

 

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